Christine Lewicki, auteure du best-seller “J’arrête de râler”

Une belle leçon de positivisme avec Christine Lewicki !

Vous avez peut-être entendu parler du challenge “21 jours sans râler”, réalisé par Christine Lewicki et à l’origine de son blog jarretederaler.com. Le principe est simple : réussir à passer 21 jours consécutifs sans râler, que ce soit au travail ou sur sa famille, afin de trouver d’autres façons d’exprimer ses émotions et surtout de trouver comment ne plus subir son quotidien. C’est grâce au succès de ce challenge et de son blog que Christine a publié en 2011 son premier livre “J’arrête de râler” et est devenue petit à petit conférencière reconnue et auteure de best-sellers dont le dernier en date “Wake Up!: 4 principes fondamentaux pour arrêter de vivre sa vie à moitié endormi”.

Cet entretien avec Christine était vraiment enrichissant. Christine, une personne humble, positive et profondément inspirante. Bonne lecture !

Bonjour Christine et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’as amené à l’écriture de ton premier livre ?

A mes 16 ans, ma mère m’a demandé quelle orientation professionnelle j’envisageais. Je lui ai répondu que je voulais « aider les gens à être heureux au travail ». Trop de fois j’ai vu des gens qui faisaient la tête dès le lundi matin dans les vestiaires ou qui attendaient toute la semaine d’être en weekend. Je ne supportais pas cette idée de souffrance au travail qui représentait pour moi le gâchis d’une vie, étant donné que l’on passe plus de 30 ans de sa vie à travailler. Je voulais donc résoudre ce problème.

Ne trouvant pas d’école qui me plaisait et étant passionnée de philosophie, j’ai fait le choix de commencer par Hypokhâgne puis Khâgne pour patienter, tout en me gardant le plus de portes ouvertes possibles.

J’ai ensuite obtenu mon master en ressources humaines et j’ai commencé ma carrière dans les RH. Après 3 ou 4 ans d’exercices, jeune mariée et enceinte de ma première fille, nous avons fait le choix, avec mon mari, de partir vivre aux USA. J’ai donc mis ma carrière en suspens et je suis devenue mère au foyer car temporairement sans VISA de travail je n’avais pas la possibilité de trouver un emploi.  

Mais après l’arrivée de ma deuxième fille j’ai éprouvé le besoin de retravailler : “Le travail est un terrain de jeu pour s’épanouir et contribuer au monde”. Je pense que sur mon lit de mort, je me poserai ces trois questions : “Ai-je su aimer et être aimée ? Ai-je osé être moi ou suis-je restée conforme à ce que l’on attendait de moi ? Est-ce que ma vie a été utile ?”. A mon sens, pour les questions 2 et 3, le meilleur terrain de jeu pour activer ces deux leviers est le travail. Le travail est une des clés du bonheur et de la réalisation personnelle. Avec mon expérience, j’avais réalisé que dans les RH nous n’avions pas suffisamment de leviers d’action pour guider les gens à être heureux au travail. J’ai donc décidé de me diriger vers le métier de coach et le statut d’indépendant, ce qui me laissait plus de pouvoir et de liberté d’action. Avec mon expérience de coach, je me suis rendue compte que les gens se mettaient souvent dans la posture de victime et qu’il était difficile pour moi de les accompagner. Je me suis donc mise à réfléchir à une façon de les faire sortir de cette situation de victimisation. C’est comme cela que j’en suis arrivée à réaliser le challenge des 21 jours sans râler. Je voulais d’abord appliquer ce que j’allais prêcher à mes clients. J’ai réalisé que finalement moi aussi je résistais souvent à ma vie, notamment dans mon cas surtout au niveau de la logistique familiale et que je passais beaucoup trop de temps à râler et cela a été une révélation pour moi. J’ai d’abord créé un blog pour que les lecteurs puissent suivre l’avancée du challenge et cela a rapidement été viral sur les réseaux sociaux ainsi que dans la presse (articles sur RMC, dans Pélerin Magazine, Psychologies…).

Grâce à ce succès, j’ai eu la chance formidable qu’on me propose un contrat d’édition, j’ai donc écrit et publié le livre “J’arrête de râler”, grâce auquel j’ai  vécu la formidable aventure de devenir auteure.

Quelles ont été les réussites et les contraintes que tu as pu rencontrer dans ta vie ?

Ma plus belle réussite est d’avoir su pousser mon travail plus loin que n’importe qui aurait pu croire. Quand mon premier livre “J’arrête de râler” est sorti, certaines personnes ont pensé qu’il ne se vendrait qu’à 2.000 exemplaires. Au bout de 10.000 ventes, on m’a prévenu qu’il fallait être réaliste et que désormais elles allaient chuter. C’est à ce moment-là que je me suis rendue compte que mon rôle était de faire connaître ce livre car ces 10.000 lecteurs ne représentaient qu’une infime proportion de la population française. J’ai réellement été touchée et motivée par les commentaires publiés sur Amazon de personnes révélant que mon livre avait par exemple sauvé leur mariage ou amélioré leur relation avec leurs enfants adolescents. Grâce à mon engagement à faire tout mon possible pour porter aussi loin que possible le message de J’arrête de râler, nous avons finalement vendu plus de 250 000 exemplaires. Je suis vraiment fière de ne pas avoir accepté le principe de “réalité” et d’avoir osé croire de manière “un peu folle” en mon projet.

Je suis vraiment loin de la notion de contraintes. Lorsque l’on arrête de râler, finalement nous décidons de ne plus être victime de rien ni de personne. Chaque obstacle est source d’apprentissage et nous devenons plus intéressés par les solutions que par les problèmes. Je dois tout de même gérer certaines petites contraintes de la vie mais ce sont plutôt des contraintes organisationnelles ou logistiques comme jongler entre ma vie d’entrepreneure et de maman, développer mon équipe ou encore entretenir une relation avec mon lectorat qui se trouve à 10.000 km de chez moi à Los Angeles.

Il y a aussi les personnes qui trouvent que ce que je fais est “mignon” ou “gentil” et qui ne voit pas la valeur de ce que je propose. Mais il ne faut pas se laisser perturber par les gens qui n’adhèrent pas à notre vision ou notre personnalité. La priorité est de créer de la valeur pour ceux qui sont intéressés.

Où te vois-tu dans 5 ans ?

Je me vois encore plus au coeur de l’instant présent, encore plus dans mon corps. J’aspire à être dans ma féminité, ma sensibilité, mon intuition, ma spiritualité, ma force, ma sensualité. Je veux rayonner encore plus et partager avec le monde.

Comment réussis-tu à concilier ta vie professionnelle et ta vie de famille ?

Je pars du principe que la notion d’équilibre n’existe pas et que c’est une illusion de croire qu’il est possible d’équilibrer sa vie. Je cherche plutôt à avoir ce dont j’ai besoin à un instant T. Par moment, j’ai besoin de travailler beaucoup, de tout donner. C’est sur qu’à ce moment-là, c’est beaucoup plus dur de voir sa famille ou de faire des activités mais je l’accepte car c’est ce dont j’ai besoin sur le coup. Par contre, cela ne pourrait pas aller si c’était toujours comme ça. A d’autres moments, j’ai besoin de voir ma famille ou de prendre du temps pour moi, pour évoluer ou me former. Au delà de la notion d’équilibre, je recherche une notion de justesse. Je me demande toujours si ce que je fais à un moment donné me semble juste. C’est lorsque cela commence à devenir injuste que cela pose un problème.

J’ai posé 4 piliers importants dans le livre “Wake Up!” dont celui de prendre soin de sa source. Je sais que je ne pourrais pas tenir sur la durée au niveau du travail, de la performance, des objectifs et que je peux vite devenir à court d’énergie, d’intuition, d’inspiration ou d’idées si je ne remplis pas mon réservoir. J’ai donc mis en place une routine quotidienne pour prendre soin de ma source : du sport (course à pied), de la danse, du yoga ou de la méditation. Je sais que j’ai besoin de ces activités, même si je ne fais pas l’ensemble tous les jours et j’ai appris à en faire une priorité.

As-tu des femmes qui t’inspirent, dans le monde professionnel ou dans ton entourage par exemple ?

J’ai des sources d’inspiration très fortes au niveau du rôle maternel : ma mère et ma soeur aînée m’inspirent par la posture qu’elles adoptent dans l’éducation de leurs enfants. Elles font preuve d’une grande capacité d’écoute, de bienveillance et sont capables de sortir des convenances quand il le faut. Elles savent retrouver la justesse de ce qu’elles ont au fond de leur coeur pour être la mère qu’elles ont envie d’être, en se détachant de ce qu’une “bonne mère” devrait faire.  

 

Portrait inspirant de : Christine Lewicki, Coach certifiée, conférencière et auteure de best-sellers, présenté par @Ose Vivre.

Ludivine Gustave
Ludivine Gustave

Ludivine Gustave est fondatrice de Madizy Management et du blog/magazine osevivre.com, conférencière et depuis peu mentor au sein du réseau des Femmes Chefs d'Entreprises Belgique. Avec deux Masters en Gestion et Management des Entreprises et en Intelligence Economique, elle intervient pendant plusieurs années en France puis en Belgique auprès de firmes et PME comme consultante. Lire plus

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