« eFarmz » produits bio et locaux avec Muriel Bernard

efarmz.be : acheter en ligne des produits bio et locaux

Qui a dit que manger bio et local n’était pas possible quand on travaille, que l’on a des enfants et en plus des activités ? C’était sans compter sur eFarmz ! Véritable ferme du web, eFarmz a été créée en 2013 par deux entrepreneures dont le but est de permettre aux personnes qui ont envie de manger sain, bio et local de faire leurs courses en quelques clics seulement et de se faire livrer directement dans le lieu de leur choix ! efarmz rend donc l’alimentation en circuit court facile et accessible à tout le monde, dans le respect des producteurs et de l’environnement.

Bonjour Muriel et merci pour le temps que tu nous accordes. Peux-tu nous parler de ton parcours et de comment t’est venue l’idée de créer eFarmz ?

De formation ingénieure commerciale, j’ai travaillé pendant 12 ans en marketing et vente pour des multinationales telles que Gillette, Levi Strauss ou encore Mobistar Orange. Au bout de tant d’années, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de ce qu’une société pouvait m’apporter et j’avais une profonde envie de me lancer dans une activité avec plus de sens et de valeur. Je voulais aussi avoir une démarche plus saine et respectueuse de l’environnement pour montrer l’exemple à mes jeunes enfants. J’ai toujours eu une passion pour les produits sains et frais et pour la gastronomie en général ; mais avec mon travail à plein temps, je me retrouvais souvent à devoir faire mes courses au supermarché. Je n’étais plus du tout satisfaite de cette pratique et, avec l’arrivée des enfants, je me suis efforcée de manger plus sain, plus local et de saison plutôt que des produits industriels. C’est comme cela que petit à petit, l’idée m’est venue de créer un supermarché bio en ligne, afin de permettre à tout le monde d’acheter des produits venant de producteurs belges.

Quelles sont les réussites et les difficultés que tu as rencontré sur ton chemin ?

Ma plus belle réussite est évidemment d’avoir mené ce projet à bien et d’avoir pu embaucher 10 personnes à temps plein. C’est très gratifiant d’avoir pu créer des emplois et cet écosystème autour de l’alimentation et des produits locaux. En ce qui concerne les difficultés, je pense que tout d’abord nous n’avions pas vraiment conscience de l’ampleur du projet au moment du lancement. Nous avons peut-être lancé le projet un peu prématurément en se disant qu’il fallait y aller mais en ignorant ce que cela impliquait vraiment. Lorsque l’on a envie de se lancer il faut le faire mais il faut quand même bien se préparer. Les deux premières années ont été assez dures car nous n’étions que deux et il fallait gérer en même temps les commandes hebdomadaires ainsi que le développement du site.

Comment gères-tu l’équilibre entre ta vie professionnelle et ta vie de famille ?

Être indépendant demande beaucoup de temps, certainement plus qu’être salarié. Au début, on peut imaginer qu’en lançant son projet on sera plus flexible, qu’on aura plus de temps et la possibilité de se libérer plus souvent mais on se rend compte rapidement que ce n’est pas le cas. Il faut prévoir des vacances en famille et s’obliger à les prendre. Le mieux est de partir à l’étranger car on est vraiment déconnecté et on n’est pas tenté de caler un rendez-vous par ci par là ou d’allumer son ordinateur. Lorsque je pars, je m’oblige à couper les emails et à ne plus suivre le business pendant un certain temps. Il faut aussi accepter que son projet principal soit le lancement de sa société pendant quelques temps, ce n’est donc pas le moment de commencer un nouveau sport ou de se lancer dans l’apprentissage d’une nouvelle langue ! J’ai la chance d’avoir lancé un projet très concret qui a vite parlé à ma famille. Mes enfants peuvent venir dans les bureaux, connaissent les produits et pour la première fois voudraient bien faire le même métier que moi ! J’aime bien ce côté modèle et inspiration pour les enfants. Au niveau de mes activités hors du travail, je pratique le jogging 2 à 3 fois par semaine car il est vraiment important pour moi d’évacuer le stress. Monter son entreprise n’est pas un sprint mais un marathon, cela va demander de l’énergie sur le très long terme.

Où te vois-tu dans 5 ans ?

C’est difficile à dire car c’est un marché très dynamique qui change très vite. Depuis le lancement il y a 4 ans, tout a déjà changé plusieurs fois ! Notre objectif est de continuer à se développer et à s’ancrer sur le marché belge du bio en ligne. Je me vois toujours à la tête de eFarmz et si jamais ce n’est plus le cas, je pense que j’aurais déjà lancé une nouvelle société. Je voudrais continuer dans la dynamique de l’entrepreneuriat quoi qu’il arrive.

Aurais-tu des conseils à donner aux femmes qui souhaiteraient se lancer dans la belle aventure de l’entrepreneuriat ?

Voici quelques conseils tirés de mon expérience :

  1. Intégrer un réseau de femmes entrepreneures afin de rentrer dans une dynamique de création et de pouvoir profiter des expériences et de l’expertise de chacune.
  2. Ne pas sous-estimer le travail à accomplir mais ne pas hésiter à se lancer car on manque de femmes entrepreneures en Belgique. La situation évolue car il y a de plus en plus d’initiatives permettant d’encourager les femmes, notamment sur les moyens de faciliter l’accès au financement. Je pense que c’est le bon moment pour se lancer et les initiatives comme votre blog-magazine OseVivre le montrent.
  3. Avoir du soutien, que ce soit celui de sa famille ou bien des personnes appartenant au monde de l’entrepreneuriat comme des coachs spécialisés. Il y aura toujours des personnes qui essayeront de vous décourager et de remettre en question votre idée mais il faut savoir prendre du recul et ne pas prendre peur. Souvent ce qui compte ce n’est pas forcément l’idée en elle-même mais la façon de l’exécuter.

Pour finir, as-tu des modèles féminins ?

Si je devais citer des exemples de femmes connues qui ont réussi, je dirais Angela Merkel, Hillary Clinton ou encore Marissa Mayer, la PDG de Yahoo ! En réalité mon inspiration vient plus de rencontres avec des femmes entrepreneures comme moi ;   Anna Balez fondatrice de la société Tale Me,  Sophie Trenteseaux, fondatrice d’un atelier de création et d’une boutique de cosmétiques naturels et bio appelé Senz ou plus récemment Adrienne Delacroix du Moulin de Hollande. Je pourrais également citer des personnes comme Isabella Lenarduzzi de Jump, Christine Lhoste, Cheffe de cabinet de Willy Borsus ou encore Claire Munck de Be Angels qui sont des personnes que j’ai rencontré au fur et à mesure sur mon chemin et qui booste la dynamique de l’entrepreneuriat féminin en Belgique.

Portrait inspirant de : Muriel Bernard, fondatrice de eFarmz, présenté par @OseVivre.com.

Ludivine Gustave
Ludivine Gustave

Ludivine Gustave est fondatrice de Madizy Management et du blog/magazine osevivre.com, conférencière et depuis peu mentor au sein du réseau des Femmes Chefs d'Entreprises Belgique. Avec deux Masters en Gestion et Management des Entreprises et en Intelligence Economique, elle intervient pendant plusieurs années en France puis en Belgique auprès de firmes et PME comme consultante. Lire plus

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