Sylvie Gustave Dit Duflo, une députée en marche !

Sylvie Gustave Dit Duflo, une députée en marche !

Candidate aux législatives pour devenir députée de la 4ème circonscription de Guadeloupe, Vice présidente de région, mais aussi maître de conférence en Sciences du cerveau, Sylvie Gustave Dit Duflo est une quarantenaire dynamique, mère de deux enfants. Elle a accordé une interview à Ose Vivre, en plein cœur de la bataille législative.

Bonjour Sylvie, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions en cette période chargée. Comment un docteur en Sciences du cerveau est-il devenu une femme politique reconnue ?

Figurez-vous qu’il y a beaucoup de points communs entre la science et la politique ! Dans les deux cas, il s’agit d’explorer des terrains et des territoires peu connus. Ce qui compte au final c’est la compétence et le résultat.

J’ai compris très tôt qu’il est important de s’engager pour améliorer la qualité de vie de chacun. C’est grâce à mon professeur de seconde, qui nous a fait étudier des auteurs engagés plutôt que ceux prévus dans le programme, que j’ai compris qu’il est important de défendre des causes dans le monde dans lequel on vit.

Mon engagement politique est né lorsque j’étudiais à l’Université Aix-Marseille 1, où j’ai participé à de nombreuses manifestations pour sauver la recherche. Mais c’est réellement en 2007, aux côtés d’Edward Hatchi, qui a été mon mentor et ancien maire de la commune de Baillif en Guadeloupe, que j’ai fait mes premiers pas en politique. Cette première expérience me permettra d’obtenir un siège au conseil municipal et me donnera le goût de m’engager encore davantage en politique. Les premières années au conseil municipal m’ont permis d’en apprendre énormément sur le fonctionnement d’une commune. Malheureusement, je me suis vite rendue compte de problèmes dans le budget de Baillif, notamment des prêts toxiques. Je décide donc de mener l’opposition en informant la population de la situation. Ma personnalité politique s’est vraiment construite à ce moment-là car j’ai du faire face à des situations difficiles (insultes, menaces,…).

Grâce au bruit provoqué par mon mouvement d’opposition, Victorin Lurel me sollicite pour siéger sur sa liste aux élections régionales de 2010. Je suis en 31ème position sur sa liste mais lorsqu’il est élu au premier tour, un des maires se retire et j’obtiens un poste de conseillère régionale. C’est une réelle opportunité pour moi de pouvoir observer, apprendre et me former mais cette fois-ci au niveau régional.

Lors des élections de 2014, n’obtenant pas le soutien de Victorin Lurel, je forme un groupe politique et j’obtiens 25% des voix pour ma première participation.

En 2015, Ary Chalus, Député-Président de la Région Guadeloupe,  me contacte pour que je fasse campagne avec lui. Je rejoins donc son équipe et il est élu largement ce qui me permet de devenir Vice-Présidente au conseil régional et présidente de la commission Environnement et cadre de vie.

As-tu traversé des périodes de doutes durant ta carrière ?

Il m’est arrivé plusieurs fois de me demander si je devais tout laisser tomber. Mais le monde a besoin de personnes engagées ! J’ai appris que malgré les coups bas, il ne faut pas lâcher et se battre à chaque instant de sa vie. Ce qui explique aussi aujourd’hui mon slogan “une députée en marche”.

Où te vois-tu dans 5 ans ? Quels sont tes projets futurs ?

En tant que députée, si je suis élue à la 4ème circonscription de Guadeloupe, j’espère que j’aurais fait voter des lois pour le bien-être de la population.

Comment gères-tu l’équilibre vie personnelle/vie professionnelle ?

J’ai trouvé un équilibre de vie entre mon travail et ma famille. Quand je passe du temps avec eux, je laisse mon téléphone de côté de manière à ne pas être dérangée et de partager un vrai temps qualitatif. Un de mes plaisirs est de profiter de ma terrasse et de sa vue à 360°, sur les hauteurs de Saint-Robert, autour de bons repas en famille. Je suis très présente pour mes enfants, notamment lorsqu’ils ont besoin d’aide pour travailler leurs mathématiques (Rires). Je me relaxe également en passant du temps seule, face à moi-même ou avec un bon bouquin pour m’évader. Je lis énormément, que ce soit des romans, des livres historiques ou des essais.

Penses-tu qu’il est plus difficile d’intégrer ce milieu en tant que femme ?

Il est clair que la politique est un milieu très machiste. Lorsque l’on est une femme, il faut se faire entendre et ne pas hésiter à bousculer les codes. Il faut acquérir de la rectitude en politique (garder des valeurs et rester droit, ne pas se laisser influencer par situation favorable personnellement).

Quels conseils donnerais-tu aux femmes qui souhaiteraient se lancer en politique ?

Je leur conseillerais de ne pas hésiter à se lancer ! En tant que femme, nous avons une vision plus engagée, plus structurée et plus précise que les hommes. Nous allons au bout des choses, nous cherchons à régler les problèmes par tous les moyens possibles. Les hommes sont plus dans un système de compétition, à vouloir faire mieux que le voisin. Mais une chose est sûre, c’est que l’on a besoin de cette dualité de regard.

Si tu devais citer deux femmes inspirantes quelles seraient-elles ?

Je dirais Christiane Taubira et Michelle Obama. Je trouve, par exemple, que Madame Obama a été une excellente première dame, elle a su apporter une touche d’élégance et un regard nouveau sur la politique.

 

Portrait inspirant de : Sylvie Gustave Dit Duflo, Politicienne et Maître de conférence en sciences du cerveau, présenté par @Ose Vivre

Ludivine Gustave
Ludivine Gustave

Ludivine Gustave est fondatrice de Madizy Management et du blog/magazine osevivre.com, conférencière et depuis peu mentor au sein du réseau des Femmes Chefs d'Entreprises Belgique. Avec deux Masters en Gestion et Management des Entreprises et en Intelligence Economique, elle intervient pendant plusieurs années en France puis en Belgique auprès de firmes et PME comme consultante. Lire plus

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