On joue à « ni oui ni non » ?

On joue à « ni oui ni non » ?

Combien de fois mes enfants m’ont demandé de jouer à cela lors des longs trajets en voiture ! C’est un jeu à la portée de tous et pourtant tomber dans le piège se produit quel que soit son âge !

Dire Oui ou Non doit nous arriver des centaines de fois par jour, et nous astreindre à les contourner – j’ai exploré pour vous les synonymes : du peut-être ou tout-à-fait pour acquiescer, au absolument pas ou pas-du-tout pour nier – nous permet de réaliser qu’ils sont bien souvent des automatismes non-réfléchis.

Je suis de ceux et celles qui pensent que dire Oui à la vie est la meilleure réponse qui soit. Je suis pour accueillir ce qui se présente en voyant la moitié du verre plein, et je suis 100% convaincue que l’acceptation de ce qui est permet de vivre mieux, quand beaucoup sont tentés de râler et de relever ce qui est difficile. Je suis pour le Oui au jour qui commence, Oui aux choix que j’ai posés et auxquels je tiens, Oui aux engagements qui méritent d’être réaffirmés., et encore Oui aux invitations et aux propositions qui me sont faites.

Pour autant, je considère que bien des Oui sont prononcés un peu trop rapidement et auraient mérité qu’on s’y arrête… Il est des Oui qui sortent de nos bouches par habitude ou par réflexe, et qui ne sont pas toujours en accord avec notre pensée profonde.

Oui, je peux te dépanner.

Oui, je te prête ma voiture.

Oui, j’arrive tout de suite.

Oui, je peux te garder ton fils pour le weekend.

Si ces acceptations jaillissent presque malgré nous tant nous sommes pétris de bonnes intentions, elles sont parfois des occasions ratées de nous dire Oui à nous-mêmes. Comme si dire Oui à l’autre revenait à dire Non à nos propres besoins ou même Non au respect de nous-mêmes.

Car quand je te dépanne en finissant ton dossier alors que mes enfants m’attendent,

Quand je te prête ma voiture et qu’une conduite non-prévue s’invite dans mon emploi du temps,

Quand je laisse ce que je fais pour venir t’aider,

Quand je garde ton fils alors que je suis si fatiguée,

Alors je risque de râler (sur toi ou sur mes proches), de fulminer, de t’en vouloir, de m’en vouloir, et de m’épuiser.

Car dans ces circonstances, c’est à moi que je dis Non. Cela prend sur ma vitalité, sur mes forces et sur mon temps. Cela m’ajoute du stress en me mettant en retard ou en décevant ceux que j’aime. Cela n’est pas en accord avec ce que je veux vraiment au fond de moi. Cela ne me respecte pas.

Si je dis Oui trop vite, c’est que j’ai peur que tu m’en veuilles, j’ai peur que tu me juges, que tu me trouves égoïste ou paresseuse, j’ai en fait peur… que tu ne m’aimes pas.

Car j’ai cru que ma valeur dépendait de ma capacité à répondre aux besoins des autres, j’ai cru que l’amour était lié à ce que je faisais.

Alors toi mon frère, mon collègue, mon ami, continue à me demander des services, continue à exprimer tes besoins, car j’ai parfois la possibilité et le désir de te dire Oui. Mais sache que si je te dis Non, ce n’est pas que je sous-estime tes besoins, ni que tu ne comptes pas pour moi, c’est que j’ai atteint mes limites et que j’apprends à me respecter. Si je dis Non à ta demande, c’est que je te fais confiance pour continuer à m’aimer, sans prendre mon refus pour un manque d’estime.

@Ose Vivre.com avec Domitille Desrousseaux

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Domitille Desrousseaux
Domitille Desrousseaux

Domitille Desrousseaux
46 ans, conseillère conjugale, coach, consultante et formatrice en Développement Personnel, Domitille est aussi mère de 5 enfants de 22 ans à 10 ans.

Depuis bientôt 15 ans, Domitille exerce auprès des familles en animant des parcours de formation à l’éducation bienveillante (Parent Autrement), et en recevant en consultation les personnes ou les couples qui traversent une difficulté, soit d’ordre conjugal, soit d’ordre parental.Lire plus

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