Fabuleuses au foyer, avec Hélène Bonhomme

Fabuleuses au foyer, une communauté pour toutes les femmes imparfaites

Jeune trentenaire et maman de jumeaux, Hélène Bonhomme est la fondatrice du site fabuleusesaufoyer.com. Elle est également auteure, conférencière et chroniqueuse sur lepoint.fr. Après une prépa littéraire, des études de philo, plusieurs années d’enseignement et plusieurs autres de rédaction web, elle devient mère deux fois en même temps et découvre l’épuisement qui rime avec vie de mère au foyer ! Elle commence à interviewer des femmes inspirantes et à mettre par écrit des pensées motivantes. C’est ainsi qu’ont vu le jour son blog en mars 2014, puis en mai 2015 son livre collaboratif pour révéler la fabuleuse en chaque maman et en octobre 2016 son petit guide de l’imperfection heureuse. Sa mission : aider les mamans qui veulent sortir la tête de l’eau, prendre un peu de recul sur leur quotidien et commencer à aimer leur vie !

1. Bonjour Hélène, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours et sur l’élément déclencheur qui t’a amenée à te lancer dans l’aventure « Fabuleuses au foyer » ?

Diplômée en philosophie, j’ai été enseignante pendant quelques années. Je me suis ensuite lancée dans la belle aventure de l’entrepreneuriat avec mon mari : nous avons lancé notre propre agence de communication, nous permettant de gérer notre temps, d’avoir un pied dans le monde professionnel sans être enfermés dans une activité salariée. Nous avons ensuite eu la joie de devenir parents de jumeaux en 2012, ce qui a chamboulé notre organisation et notre rythme de vie : j’ai donc décidé de prendre un congé parental de 3 ans. Mais je ne supportais pas cette vie, j’étais un peu envieuse du succès de notre agence, la machine à café entre collègues et l’ambiance start-up me manquaient. J’ai ressenti à ce moment-là un sentiment de culpabilité car ce n’était pas le genre de sentiments que je voulais entretenir.

J’ai souvent été amenée à écrire pour les autres dans le cadre de mon travail. Pendant mon congé parental, j’ai fait du tri dans ma tête et j’ai commencé à écrire des textes, que j’ai bien cachés dans un recoin de mon ordinateur. Mon mari m’encourageait à lancer mon propre blog mais je ne me sentais pas légitime pour le faire et je n’avais pas vraiment envie de me mettre en avant. Aussi, je ne savais pas si les thèmes que je développais dans mes articles pouvaient avoir un intérêt pour les autres. J’ai donc fini par lancer mon blog personnel et publier un, deux puis trois textes. J’ai rapidement eu des retours de femmes que je ne connaissais pas, me félicitant et m’encourageant à continuer.

Et pourquoi Fabuleuses au Foyer ? J’avais la volonté de parler du foyer pour démystifier cet endroit et montrer qu’au sein de nos foyers, il se passe beaucoup de choses qui nous challengent au quotidien comme dans aucun autre endroit au monde. Fabuleuses, nous le sommes (et nous sommes souvent les seules à penser que nous ne le sommes pas assez !) Au foyer, nous y sommes toutes à un moment donné de la journée, que l’on ait ou pas une activité rémunérée. Aujourd’hui, Fabuleuses au foyer est une communauté qui rassemble et rapproche 30 000 femmes, et permet de montrer qu’il est possible de vivre la maternité autrement.

2. Rencontres-tu des difficultés au quotidien ? Quels sont tes plus grands succès ?

Ma plus grosse difficulté est d’avoir sans arrêt un sentiment d’illégitimité, une peur que les autres pensent « pour qui elle se prend ? ». C’est également délicat d’encourager les gens alors que, comme tout le monde, j’ai moi-même des problèmes quotidiens dans mon foyer. Même si le projet rencontre du succès et trouve de la résonnance dans les médias, je me sens assez vulnérable par rapport au regard de mes proches. Je suis très heureuse du succès de mon projet mais il y a un décalage dans ma tête entre l’image de réussite et le  fameux « syndrome de l’imposteur !»

Ma fierté est de pouvoir apporter une réponse à un réel besoin des femmes d’aujourd’hui. Nous recevons chaque jour un grand nombre de messages nous remerciant, de personnes nous communiquant qu’elles ont « l’impression de revivre » en nous lisant. Nous touchons vraiment le cœur des gens et ce que l’on voit sur Internet n’est que la partie immergée de l’iceberg. A force de répondre aux besoins des gens en étant là et sans leur dire « tu devrais », en écoutant et en valorisant, il se passe plein de choses. Pour moi, dans un foyer, lorsque la maman va, tout va. Quand une femme est pleinement elle-même, c’est tout une famille qui va mieux !

3. Comment gères-tu l’équilibre entre ta vie professionnelle et ta vie personnelle ?

Cette question est un des enjeux fondamentaux pour toutes les femmes d’aujourd’hui. A l’époque de nos grand-mères, il n’était pas question d’épanouissement personnel, les femmes étaient plutôt en mode survie ! Nos mères, quant à elles, ont connu le début de l’indépendance, que ce soit au niveau financier et professionnel qu’au niveau des valeurs. Le problème est que notre génération ne se reconnait dans aucun de ces deux modèles. Nous ne voulons pas être des femmes au foyer mais nous n’aspirons pas non plus à tout sacrifier pour notre carrière comme ont pu le faire nos mères. Nous voulons les deux : une situation confortable de même qu’être présentes à la sortie de l’école pour s’occuper des enfants. Nous recherchons la perfection dans notre foyer et au travail. Lorsque mes enfants sont arrivés, je n’avais pas vraiment de modèle auquel me rattacher : je me suis donc créé mon propre modèle, ma propre façon de faire les choses. Je travaille de chez moi, dans un bureau séparé de la maison mais je ne suis pas seulement femme au foyer car je gère ma propre activité. Ma vie de famille nourrit ma vie professionnelle et inversement. Je mets en pratique les conseils du blog au sein de mon foyer et celui-ci me fournit le contenu pour mes articles ! Je pense qu’il faut se créer son propre modèle et ne pas avoir peur de ce que les gens pourront penser.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup de gratitude par rapport à la vie que je mène. Ce n’est pas uniquement de la chance, c’est le fruit de plusieurs années de réflexion, de travail, de discussions avec mon mari… Cette conciliation vie personnelle/vie professionnelle, c’est formidable quand elle peut être décidée à deux, malgré les difficultés du quotidien.

4. As-tu des conseils à donner aux femmes qui n’osent pas se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Tout d’abord, demandez-vous pourquoi vous n’osez pas. Lorsque l’on n’ose pas, c’est souvent parce que l’on a peur. Est-ce la peur d’échouer, la peur de ce que les autres pourraient penser ? Je dirais juste : « Fait vaut mieux que parfait ». Il faut toute une vie pour faire quelque chose de parfait donc il vaut mieux se lancer avec un projet imparfait que de ne rien faire du tout. C’est en faisant que l’on apprend. Même si je n’étais pas satisfaite de mon premier article quand je l’ai lancé, je ne regrette pas de l’avoir fait. Il faut accepter l’imperfection, on peut être dans la recherche de l’excellence mais pas dans celle de la perfection absolue. Le perfectionnisme est l’ennemi du progrès !

Oser, c’est comme un muscle : plus on ose, plus cela devient naturel et plus on prend du plaisir. A force, on s’amuse même à oser.

5. As-tu des modèles de femmes qui t’inspirent ?

J’aime beaucoup Brené Brown, qui est chercheuse et mère de famille et qui étudie les comportements à l’échelle de la société. Elle a une approche scientifique mais aussi très humaine des choses. Elle réalise des podcasts sur la vulnérabilité et sur le rapport qu’on les gens avec ce que pensent les autres d’eux.

Je suis également très admirative de ma grand-mère : orpheline très tôt, elle a vécu dans une extrême pauvreté, est passée tout près des camps de concentration et a perdu son mari à 47 ans et surmonté la maladie. Elle a tout vécu mais elle n’est pas aigrie… Elle est pour moi un magnifique modèle de résilience.

Enfin, je pourrais citer Madeleine, ma nièce de 3 ans atteinte de Trisomie 21. Elle est en plein apprentissage de la marche, avec un peu de retard sur les enfants de son âge… Pourtant, elle ne cherche pas à impressionner qui que ce soit : elle sait qu’elle est aimée telle qu’elle est !

Portrait inspirant de : Hélène Bonhomme, Fondatrice du site fabuleusesaufoyer.com, auteure, conférencière et chroniqueuse, présenté par @OseVivre.com

Ludivine Gustave
Ludivine Gustave

Ludivine Gustave est fondatrice de Madizy Management et du blog/magazine osevivre.com, conférencière et depuis peu mentor au sein du réseau des Femmes Chefs d’Entreprises Belgique.
Avec deux Masters en Gestion et Management des Entreprises et en Intelligence Economique, elle intervient pendant plusieurs années en France puis en Belgique auprès de firmes et PME comme consultante. Lire plus

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