Devenir soi et oser la relation vraie

Finalement, être soi, ça veut dire quoi ? Ça sert à quoi ? Peut-on être autre chose que soi-même ? Quel serait le problème ? Et quel est le lien avec les relations que l’on entretient ? Ce serait quoi, des relations vraies ?

Si ces questions sont si présentes chez moi, c’est qu’elles m’habitent depuis ma plus tendre enfance. Petite dernière d’une famille nombreuse, il ne m’a jamais semblé évident d’être moi. Cela ne coulait pas de source. Il y avait dans ma fratrie autant de caractères que de personnes bien sûr, et plus ou moins consciemment flottait dans mon esprit cette phrase d’Oscar Wilde qui s’affiche aujourd’hui dans mon bureau :

« Soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris ».

Des extravertis, des discrets, des enjoués, des sévères, des travailleurs, des rêveurs : j’ai longtemps observé telle une spectatrice les membres de ma famille affirmer leurs tempéraments. Et, à la réflexion, voyant que ces tempéraments-là étaient « pris », je me suis longtemps contentée de tenter de répondre aux attentes, réelles ou imaginées, que l’on avait sur moi. J’ai pris l’habitude, malgré moi, de m’adapter et de « correspondre ». Et cela a ancré en moi le réflexe d’agir et d’être en fonction de repères extérieurs.

Aujourd’hui, après ces années de recherche, de travail sur moi, et d’écoute de mes clients, je sais combien la clé du bonheur est dans la capacité à écouter son intériorité. Finalement, si je veux être alignée, si je veux me respecter (tout en respectant l’autre bien sûr), j’ai à développer ce réflexe qui consiste à utiliser mon référentiel interne. Il ne s’agit pas d’écouter uniquement mes envies, mes pulsions, et mon ego ; mais bien de creuser au-delà, afin de percevoir au fond de mon être ce qui me semble juste.

Finalement, devenir soi, c’est être celui qui agit en accord avec son intériorité, le lieu de son unicité que certains appellent l’âme.

Et cela mène naturellement à la construction de relations saines. Nous pourrons échanger avec respect, vérité et liberté. Je parle de ce que je vis, tu parles de ce que tu vis et qui t’appartient, et nous pouvons avoir une relation vraie.

Je rêve parfois d’un monde sans faux-semblant, d’un monde où chacun s’autoriserait à écouter ses références internes, sans donner trop d’importance à l’extérieur. Car je sais que cela permettrait aux relations d’être belles, et en vérité. Si je suis moi, si tu es toi, si je me respecte, si tu me respectes, nous pourrons trouver ce qui nous réunit et choisir de composer avec ce qui nous différencie. Soit pour nous en enrichir, soit pour cesser la relation. Mais nul doute que pour cela, j’ai besoin d’une véritable estime de moi, pour mon être et pour mon agir. Car je saurai alors mieux me mettre à l’écoute de ce qui chante au fond de moi, sans le confondre avec des appels du monde.

@OseVivre avec Domitille Desrousseaux


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Domitille Desrousseaux
Domitille Desrousseaux

Domitille Desrousseaux
46 ans, conseillère conjugale, coach, consultante et formatrice en Développement Personnel, Domitille est aussi mère de 5 enfants de 22 ans à 10 ans.

Depuis bientôt 15 ans, Domitille exerce auprès des familles en animant des parcours de formation à l’éducation bienveillante (Parent Autrement), et en recevant en consultation les personnes ou les couples qui traversent une difficulté, soit d’ordre conjugal, soit d’ordre parental.Lire plus

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